Accession à l'indépendance

De l’autonomie interne à l’indépendance totale. Le tournant politique (13 juin – 31 juillet 1954)

Le départ de Joseph Laniel et son remplacement, à la tête du gouvernement français, par Mendès France ont marqué un tournant politique. Dès son accession au pouvoir, le nouveau président du Conseil s’est concentré sur le dossier indochinois. Des négociations sont entreprises avec les parties concernées, à Genève, l’objectif fixé par Mendès France étant de les faire aboutir, dans un délai ne dépassant pas le 20 juillet, à la conclusion des accords mettant fin au conflit.

Le 31 juillet 1954, le Président du Conseil français, M. Pierre Mendès France, annonçant au Bey la reconnaissance par la France de l’Autonomie interne de la Tunisie

Après quoi, l’intérêt du gouvernement français s’est porté sur l’affaire tunisienne.

La chute du gouvernement de Mohamed Salah Mzali, en Tunisie (16 juin 1954), loin d’apaiser la lutte nationale, n’a fait que l’engager dans une grave escalade. Entrée dans son dernier quart d’heure, la résistance tunisienne, forte de ses capacités d’adaptation aux exigences de l’époque et aux conditions de la confrontation avec l’armée régulière et l’appareil terroriste de « la Main rouge », outre, bien entendu, la force propre dont elle disposait, a su s’imposer sur la scène par le renforcement de l’action politique et la préparation des conditions propices à l’ouverture d’un dialogue efficace, pour la reconnaissance de la souveraineté tunisienne ».

La reconnaissance de l’autonomie interne (31 juillet 1954)

Le projet de Mendès France, concernant la Tunisie, est présenté au Conseil des ministres le 30 juillet 1954. Le communiqué publié à l’issue de la réunion fait état de la décision du gouvernement français de « donner un nouveau souffle aux relations tuniso-françaises », sans pour autant révéler le contenu du projet, par crainte de susciter une réaction défavorable de la part de la communauté française en Tunisie et de ses partisans en France et en Algérie.

Le 31 juillet 1954, Mendès France se rendait, en secret, en visite impromptue à Tunis, à la tête d’une importante délégation, et annonçait, dans un discours officiel devant le Bey à Carthage, l’octroi de l’autonomie interne à la Tunisie.

Réuni le 3 août 1954 à Genève, le Bureau Politique du Néo-Destour décide de participer au gouvernement de négociation.